Expulsés de Cachan :
Un logement, des papiers, une école !!
Rappel des faits
Des forces de police ont entrepris mi-août l'évacuation du squatt géant de Cachan, dans le Val-de-Marne, qui abrite près d'un millier de personnes dans une ancienne résidence étudiante vouée à la démolition. La préfecture du Val-de-Marne a souligné qu'un audit de sécurité électrique avait conclu au grave danger que représentent pour les occupants "les multiples branchements sauvages". Cette ancienne résidence universitaire de plus de 300 chambres était occupée depuis près de quatre ans. L'association Droit au Logement dénonce une expulsion "brutale" et exige le relogement décent de tous les occupants
Une centaine d'Africains vivent depuis, avec 70 enfants, dans un gymnase prêté par la ville du Val-de-Marne. Tous sont décidés à lutter ensemble pour leur relogement et la régularisation des sans-papiers.
Quelques 214 autres expulsés ont pour leur part accepté l'hébergement d'urgence proposé par la préfecture.
49 squatters qui n'ont pas de titre de séjour en France ont été placés en centres de rétention et seront expulsés, a fait savoir le cabinet de Nicolas Sarkozy
Trois ans après avoir laissé pourrir, et malgré les négociations, le Préfet et le gouvernement ont fait le choix de la brutalité. Ils ont lancé l'assaut vendredi soir contre les « 1000 de Cachan », qui campaient sur le trottoir depuis leur expulsion, jeudi matin. 4 personnes ont été blessées, dont un bébé, une mère de famille (fracture du genou), un père de famille (côtes cassées), et Annick Coupé responsable du syndicat Solidaire (entorse de la cheville).
La violence et les centaines de CRS et de gardes mobiles engagés n'ont pas suffi à briser la résistance des expulséEs et de leur soutien, pour ne pas être éparpillés.. Ils ont alors obtenu leur hébergement provisoire dans un gymnase mis à disposition par la mairie de Cachan ce qui leur permet de continuer à lutter ensemble .
La détermination et le courage des mères de familles ont été décisifs : elles connaissent déjà la précarité, l'exiguïté et l'éloignement, voire l'insalubrité des « hôtels » proposés. De plus il a été rapporté que des expulsés ayant accepté « l'hôtel » ont été interpellés par la police. Plusieurs dizaines d'entre eux sont enfermés, menacés d'expulsion, de prison.
Avec les expulsés, le Comité de soutien composé de personnalités, d'élus, d'associations, d'organisations syndicales, politiques et de citoyens. exigent du Préfet et du gouvernement :
* la libération des expulsés interpellés, ;
* le relogement décent et durable de tous les expulsés et dans l'attente la réquisition de logements vacants ;
* la régularisation des sans-papiers ;
* le respect de la scolarisation des enfants ;
* une table ronde d'urgence avec le Préfet, et si nécessaire le gouvernement, les représentants des expulsés, les différentes composantes du Comité de soutien et les élus.
10 ans après Saint Bernard, la lutte des sans papiers continue, et un an après les incendies meurtriers de taudis parisiens, la crise du logement, les discriminations racistes et la précarité se sont aggravées.
ARTICLE issu du site gisti